Article de Blog - Comment choisir son chien

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Article de Blog - Comment choisir son chien
On estime à environ 8 millions le nombre de chiens en France. Plus de 650 000 chiots sont vendus chaque année et environ 150 000 chiens adultes sont recueillis dans les refuges. Il existe près de 400 races officiellement répertoriées par la Fédération Cynologique Internationale et classées en dix groupes selon leurs utilités premières. Cela vous donne un ordre d’idée sur la multitude de choix qui s’offre à vous.
 
Il y a, selon moi, trois questions essentielles à se poser lorsque vous avez pris la décision d’adopter un chien : 
_ Quel individu choisir, selon la race et le tempérament ? 
_ Où l’adopter, entre les portées de particulier, les élevages et les refuges ?
_ À quelle fin, entre un partenaire de sport, un facilitateur social, ou un compagnon pour les enfants ?
 
Ces trois critères de sélection vous conduiront à choisir un chien en adéquation avec votre mode de vie et ainsi limiter les problèmes qui pourraient apparaître par la suite.
 
Quel individu choisir, selon la race et le tempérament ? 
 
« Le choix d’une race est un comportement éminemment subjectif qui repose sur notre personnalité, la mode, les usages, des expériences ou des souvenirs, la fonction qu’on veut éventuellement donner à son chien (protection, chien de troupeau, chien de chasse, chien de compagnie…), l’aspect physique du chien, son ‘status symbol’. Les races de chiens sont en fait l’un des premiers produits marketing à avoir été imaginés sur cette planète, ce sont des ‘marques’ dans l’esprit du consommateur. » 
Thierry Bedossa, vétérinaire-comportementaliste, dans son ouvrage Tout sur le toutou.
 
Les 340 races de chiens reconnues par la Fédération Cynologique Internationale sont classées en dix groupes, en fonction du morphotype et de l’utilité première :
_ Les chiens de berger et de bouvier
_ Chiens de type Pinscher, Schnauzer et molosses
_ Les terriers
_ Les teckels
_ Chiens de type Spitz et primitif
_ Chiens courants et de recherche au sang
_ Chiens d’arrêt
_ Chiens leveurs et rapporteurs de gibier et chiens d’eau
_ Chiens d’agrément et de compagnie
_ Lévriers
 
Même s’il est question d’utilité première, et que le Yorkshire d’aujourd’hui n’a plus la même utilité de chien de chasse d’antan, il faut savoir que la mémoire génétique impacte le tempérament du chien. De manière générale, un Labrador ou un Golden Retriever adorera l’eau, car son utilité première était de rapporter les gibiers d’eau.
 
Ainsi, si vous trouvez que le Setter Irlandais a une belle allure avec son poil roux et sa silhouette fine, qu’il s’éduque facilement parce qu’étant utilisé depuis longtemps comme chien de chasse il dispose d’une bonne plasticité cérébrale, vous vous retrouverez certainement avec une problématique dont vous vous dispenseriez : son fort instinct de chasse. Si vous ne pratiquez pas cette activité, lui se défoulera seul sur les oiseaux et les petits gibiers, faisant de vos promenades de longs moments de solitude ou il vous faudra parfois courir après votre bel Irlandais ou l’attendre pendant une demi-heure à l’orée du bois. Beaucoup de propriétaires de Setter, de Beagle ou d’autres chiens de chasse font appel à des éducateurs canins pour des problématiques comme celles-ci.  
 
Un chien de type Husky ? Attendez-vous à un rappel moins efficace qu’avec un Labrador.
Un chien de type Spitz ? Attendez-vous à des aboiements plus réguliers qu’avec un Bulldog.
Un chien de type Jack Russel ? Attendez-vous à une vivacité plus importante que chez un Lévrier.
 
Vous comprenez alors l’intérêt primordial de bien choisir la race de son chien. Maintenant, sachez qu’au sein même d’une race, vous pouvez trouver des lignées dites de « beauté » ou de « travail ».  Dans une lignée de beauté, les individus sont sélectionnés pour leurs critères physiques et comportementaux. Ils disposeront d’instincts moins développés que ceux issus d’une lignée de travail. À l’inverse, si vous adoptez un chien issu d’une lignée de travail, vous vous trouverez avec un individu ayant des besoins spécifiques à sa race beaucoup plus prononcés.
 
Prenons l’exemple d’un Berger Belge Malinois. Issu d’une lignée de beauté, votre chien aura un bel aspect rendant honneur à sa lignée et un besoin de mordant atrophié, bien que disposant de l’intelligence développée due à sa race. En revanche, s’il est issu d’une lignée de travail, vous vous retrouverez avec une prédisposition à la défense, une réactivité élevée et un besoin de mordant beaucoup plus prononcé. Le second chien se révélant alors plus problématique comme chien de famille. Vous comprenez alors l’intérêt de connaître le tempérament du chien, en plus de sa race. Informez-vous donc toujours sur les parents et grands-parents du chien que vous souhaitez adopter.
 
Où l’adopter, entre les portées de particulier, les élevages et les refuges ?
 
L’adoption auprès de refuges offre plusieurs avantages. Le coût financier est moins important qu’en élevage, le choix plus conséquent avec, souvent, une meilleure disponibilité. D’un point de vue éthique, adopter un chien dans un refuge est offrir une seconde chance et accomplir un sauvetage. Ce peut également être une bonne solution pour qui veut un chien sans s’embêter avec l’apprentissage de la propreté, les « bêtises » de chiot et l’éducation de base. Vous pouvez y trouver un chien adulte, équilibré et vendu clef en main. Le revers de la médaille est une méconnaissance des antécédents du chien, de sa génétique et de son chemin de vie, conduisant parfois à de mauvaises surprises. Certains chiens ont été placés en refuge suite à des comportements jugés gênants par leurs anciens propriétaires et il faudra peut-être parfaire l’éducation ou s’adapter en fonction des vices et coutumes de votre nouveau compagnon.
 
Voilà pourquoi certains préfèreront les élevages ou, en étant sûr de choisir un bon éleveur (cela fera l’objet d’un prochain article !), le futur acquéreur pourra sélectionner son chien en fonction de sa race et sa génétique, afin de coller au mieux à son rythme de vie et ses attentes. Le prix est plus conséquent, les conditions d’adoption parfois plus longues (délai de naissances, distance de l’élevage…) mais il pourra profiter des premières semaines de vie et suivre son nouveau compagnon dans toutes les étapes de son développement.
 
Reste les animaleries et les particuliers, deux solutions que je ne préconise pas, à titre personnel. En animalerie, le chiot est peu stimulé, vivant avec d’autres chiots, sans adultes et avec un lien social appauvrit. Bien que certains viennent d’élevages, d’autres proviennent de filières douteuses de pays de l’Est et de nombreux reportages, associations ou documentaires dénoncent les conditions de vie peu respectueuses du bien-être animal dans ces lieux de vente.
 
Quant aux particuliers, depuis le 1er janvier 2016 la reproduction et la vente sont encadrées car, comme pour les animaleries, les conditions de vie des chiens sont parfois discutables et peu éthiques. Trop de propriétaires faisaient reproduire leurs chiens afin d’arrondir les fins de mois, sans aucune sélection génétique ou obligations matérielles, spatiales et médicales auxquelles sont sujets les éleveurs. En découlent d’inévitables problèmes de comportement auxquels le futur acquéreur devra se confronter.
 
À quelle fin, entre un partenaire de sport, un facilitateur social, ou un compagnon pour les enfants ?
 
Maintenant que vous savez choisir un chien en fonction de sa race et de son tempérament, il sera plus aisé de l’intégrer à votre vie humaine, selon les motivations de l’adoption. Certaines races seront prédisposées au sport (types bergers ou nordiques), d’autres à la défense (type bergers ou certains molosses), d’autres ayant un tempérament calme (type chiens d’agrément et de compagnie) et d’autres encore plus vifs (certains terriers ou Spitz). Il est important de ne pas faire de « racisme » et de généralisation car chaque individu est différent et, au sein d’une même race, entre lignées de beauté et de travail, vous pouvez trouver des profils bien différents.
 
En ce qui concerne les enfants, car c’est un facteur qui revient souvent de vouloir « un chien qui s’entend bien avec les enfants », sachez que tout chien correctement socialisé durant ses premières semaines de vie avec des enfants, des bébés, des anciens, des espèces animales vivant au sein du foyer comme les poules, les chats ou les NAC, ne présentera pas de comportement aversif ou agressif envers eux. Hubert Montagner, dans son ouvrage L'enfant et l'animal aborde le sujet en profondeur. Le chien est une espèce sociale qui évolue auprès des hommes depuis des milliers d’années et, tout comportement d’agressivité envers un humain a une raison : pathologies médicales, expériences de vie traumatisantes, troubles comportementaux … Aucun chien ne naît dangereux et il n’y a pas de race plus « méchante » qu’une autre. La stigmatisation, comme la loi Française de 1999 concernant la classification de races dites dangereuses, est aussi dépassée et fausse que les discours de supériorités raciales entre les couleurs de peaux ou les religions chez les humains.
 
 
Romain Moussay
Éducateur canin
Intervenant PECCRAM
Comportementaliste – médiateur
Formateur agréé en Préfecture du Morbihan